Le Maroc, 1er avant l’Afrique du Sud dans l’industrie aéronautique.

Août 16, 2021

Il a fallu moins de 20 ans pour que le site Maroc figure dans les radars des constructeurs mondiaux de l’aéronautique. Boeing, Airbus, Bombardier, Safran, AVIC, Embraer, Hexcel, Eaton, Stelia… Les majors mondiaux font confiance aux composants made in Maroc.

Plus encore, «dans chaque avion qui vole un peu partout dans le monde, il y a au moins une pièce fabriquée au Maroc», aime répéter le ministre de l’Industrie, My Hafid Elalamy.  C’est dire que des constructeurs, ou encore des acteurs de référence mondiale tels que Mécachrome, Le Piston Français, LISI, Daher …. ont fait le choix de localiser une partie de leurs composants au Maroc. Ces implantations sont la parfaite illustration de l’émergence d’un secteur qui fait gagner ses donneurs d’ordre, en coûts, en sécurité/fiabilité, en performance et en compétitivité.  

Les majors mondiaux sous-traitent des composants et font appel au sourcing depuis le Maroc. Mais aujourd’hui, la première stratégie du secteur arrive à échéance (2021). «Personne n’y croyait il y a 20 ans, mais nous sommes aujourd’hui une base aéronautique internationalement reconnue et la plus compétitive de la région. Nous sommes numéro 1 devant l’Afrique du Sud!», tient à préciser Benbrahim El Andaloussi, président d’honneur du GIMAS.

«Tout comme le secteur automobile, l’aéronautique est fortement capitalistique. Il s’agit d’une industrie tournée à 100% vers l’export. Elle est structurée autour de quelques grands groupes d’envergure internationale (Boeing, Airbus, Bombardier…) qui possèdent une capacité d’agrégation et d’entraînement sur l’ensemble de la chaîne de valeur sectorielle. La présence de ces grands donneurs d’ordre permet aujourd’hui d’attirer des fournisseurs de rang 1, 2 et 3 qui ont besoin de sécuriser un carnet de commandes pérennes afin de justifier une implantation locale», précise une étude récente du groupe Deloitte.

Fort de ces acquis, le Maroc est déterminé à aller plus vite et pousser le plus loin possible la valeur ajoutée de sa production. L’enjeu est de développer «une filière plus diversifiée et plus compétitive». Aujourd’hui, «la montée en puissance d’un secteur fortement intensif en connaissances reste tributaire d’une offre de formation plus pointue en ingénierie aéronautique», précisent les experts. Tout le challenge consiste à hisser l’attractivité et les standards de l’écosystème local. Plus encore, pour maximiser les volumes à l’export, la décarbonation doit être au cœur de la stratégie de développement du secteur. Tout le défi est là!

A ce stade de maturité de l’écosystème aéronautique, les opérateurs et la tutelle n’ont d’autres choix que de multiplier les rencontres avec les donneurs d’ordre afin d’attirer de nouvelles commandes et des investissements de nouvelle génération afin de pérenniser la filière marocaine. C’est dans cet esprit que le ministre de l’Industrie, My Hafid Elalamy, est en train d’effectuer des roadshows aux Etats-Unis.

Une importante délégation marocaine est depuis quelques jours en tournée auprès des fournisseurs de Boeing afin de densifier l’écosystème de ce constructeur dans le Royaume. «Nous nous sommes entretenus avec Stanley A. Deal, le président et CEO de Boeing Commercial Airplane, sur les perspectives de développement de l’écosystème Boeing au Maroc», confirme sur place Elalamy. Dans le même sillage, le ministre annonce aussi avoir rencontré à Seattle Robert Hupfer, directeur de Développement des fournisseurs à l’international du Groupe Collins.

Cette réunion a porté essentiellement sur «les opportunités qu’offre la plateforme aéronautique marocaine». Autre rendez vous important de la tournée à Seattle, celui de la rencontre avec le Board du leader aéronautique Parker Aerospace… Les échanges ont porté sur «les perspectives d’un partenariat…» A en croire le ministre My Hafid Elalamy,  le management de Parker Aerospace s’est montré «très intéressé par les atouts de la plateforme aéronautique marocaine». Par ailleurs, la délégation marocaine s’est rendue à Wichita, la plus grande ville de l’Etat du Kansas, dans le comté de Sedgwick, aux Etats-Unis.

Pour cette étape, la team Maroc du ministère de l’Industrie a exposé «les opportunités d’investissement et les atouts de la plateforme aéronautique nationale aux dirigeants du constructeur américain Textron».

                                                                  

Le défi d’attirer des capitaux marocains!

«Il est impératif pour nous d’aller plus vite, plus intégré et plus haut en matière de recherche et de technologie. Nous devons aussi nous diversifier en faisant venir d’autres motoristes et en allant vers la défense et la sécurité.
Le challenge est d’être plus international avec une communication ciblée sur des pays comme les Etats-Unis ou le Japon, plus clean avec la réduction de l’empreinte carbone et plus inclusif. A l’instar de l’industrie automobile, le défi est d’attirer les capitaux marocains pour rendre cette industrie pérenne», tient à préciser Benbrahim El Andaloussi, président d’honneur du Groupement des industriels marocains de l’aéronautique et spatial (GIMAS),  au Club de L’Economiste. Aujourd’hui, le secteur a besoin d’accélérer la cadence et de développer tout ce qui est MRO (modification et transformation d’avions) et de nouveaux écosystèmes comme l’outillage et les intérieurs d’avions.
Pour assurer plus de complémentarités, la plateforme Maroc est appelée à faire jouer le maximum de synergies entre les écosystèmes.

 

Amin RBOUB

 

ARJI Abdelaziz est le PDG fondateur DE EURODEFI-AUDIT, diplômé expert-comptable en France. Il a occupé les postes de Directeur administratif et financier des Groupes : AOM Aéronautique, la compagnie aérienne d’Outremer Groupe MJM de formation comptant une dizaine d’écoles supérieures en France. ARJI Abdelaziz a ensuite collaboré pendant 6 ans à Paris au sein du Cabinet EURODEC place Pereire 75017 Paris. En plus de son rôle au sein de EURODEFI, il est actuellement Président de la Commission Appui aux entreprises de la CFCIM (la Chambre Française de Commerce et d’Industrie du Maroc). Enfin, il préside le Club Finance et Droit.

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